Réglementation

Article 28 du RGPD : la checklist du contrat de sous-traitance

L’équipe Docform · Publié le 7 novembre 2026 · 7 min de lecture

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L’essentiel

Dès qu’un prestataire traite des données personnelles pour le compte d’une entreprise, l’article 28 du RGPD impose un contrat écrit, ou un autre acte juridique, qui lie le sous-traitant. Ce contrat doit décrire le traitement et prévoir huit engagements minimaux, de l’instruction documentée à l’audit. Il peut être négocié librement ou s’appuyer sur les clauses contractuelles types de la Commission européenne, qui ne sont pas obligatoires.

Quand un contrat article 28 est-il obligatoire ?

L’article 28 s’applique lorsqu’un traitement est effectué pour le compte d’un responsable du traitement. Le paragraphe 3 exige alors un contrat ou un autre acte juridique, et le paragraphe 9 impose la forme écrite, y compris en format électronique.

La CNIL indique que la qualification vaut aussi pour une solution « clé en main », dès lors que l’organisme traite effectivement des données personnelles. Un accès ponctuel, par exemple pour de la maintenance, peut suffire. Les parties ne peuvent pas choisir la qualification qui les arrange : elle dépend de la réalité du traitement.

La checklist : que doit contenir le contrat ?

Cette liste reprend le paragraphe 3 de l’article 28. Elle permet de vérifier la présence des mentions. Elle ne remplace pas l’analyse de votre contrat, et elle ne propose pas de rédaction.

La description du traitement :

  • l’objet et la durée ;
  • la nature et la finalité ;
  • le type de données à caractère personnel ;
  • les catégories de personnes concernées ;
  • les obligations et les droits du responsable du traitement.

Les engagements du sous-traitant :

  • Instructions : traiter les données uniquement sur instruction documentée, y compris pour les transferts hors de l’Union.
  • Confidentialité : veiller à l’engagement de confidentialité des personnes autorisées.
  • Sécurité : prendre les mesures requises par l’article 32.
  • Sous-traitants ultérieurs : respecter les conditions des paragraphes 2 et 4.
  • Droits des personnes : aider le responsable à répondre aux demandes.
  • Assistance : aider le responsable pour les articles 32 à 36, notamment la sécurité, les violations et les analyses d’impact.
  • Fin de prestation : supprimer ou renvoyer les données, au choix du responsable, et détruire les copies existantes, sauf obligation légale de conservation.
  • Preuve et audit : fournir les informations nécessaires et permettre les audits, y compris les inspections.

Le sous-traitant doit aussi informer immédiatement le responsable s’il estime qu’une instruction constitue une violation du droit de la protection des données.

Que recommande la CNIL au-delà de la liste ?

La CNIL demande d’intégrer les mentions de l’article 28, paragraphe 3, en les adaptant à la situation des parties. Une reprise qui ne décrit pas le traitement réel donne peu de prise en cas de question. Plusieurs de ses points de vigilance sont pratiques :

  • le périmètre fixé par le contrat cadre le traitement : une opération non prévue devrait, en principe, faire l’objet d’une renégociation ou au moins d’instructions écrites ;
  • le contrat peut préciser si l’autorisation des sous-traitants ultérieurs est donnée au cas par cas ou de manière générale ;
  • les instructions du responsable gagnent à être écrites et recensées ;
  • les modalités d’assistance pour l’exercice des droits méritent d’être organisées dès la conclusion du contrat.

Ces recommandations figurent dans une publication de la CNIL issue de vérifications menées auprès de 15 fournisseurs de services en ligne, dans le cadre de ses contrôles prioritaires de 2019. Elles sont antérieures aux clauses types de 2021, mais restent utiles pour relire un contrat.

Comment traiter les sous-traitants ultérieurs ?

Le sous-traitant ne peut pas en recruter un autre sans l’autorisation écrite préalable, spécifique ou générale, du responsable. Avec une autorisation générale, il doit informer le responsable de tout ajout ou remplacement prévu, pour lui permettre de s’y opposer.

Les mêmes obligations de protection des données doivent être imposées au sous-traitant ultérieur. Si celui-ci est défaillant, le sous-traitant initial reste pleinement responsable devant le responsable du traitement.

Le Comité européen de la protection des données a précisé ces points dans son avis 22/2024, en octobre 2024. Le responsable doit disposer à tout moment des informations d’identification de tous les sous-traitants et sous-traitants ultérieurs. La vérification de leurs garanties s’applique quel que soit le risque, même si son ampleur peut varier. Le responsable n’est pas tenu de demander systématiquement les contrats de la chaîne, mais il doit évaluer s’il en a besoin pour démontrer sa conformité.

Faut-il utiliser les clauses contractuelles types de la Commission ?

La décision d’exécution (UE) 2021/915 du 4 juin 2021 a publié des clauses types entre responsables du traitement et sous-traitants. Elle indique qu’elles satisfont aux exigences de l’article 28, paragraphes 3 et 4.

La CNIL rappelle qu’elles ne sont pas obligatoires si le contrat contient déjà tous les éléments requis. Trois points méritent attention :

  • Modification : les parties s’engagent à ne pas modifier les clauses, sauf pour compléter les annexes. Elles peuvent les insérer dans un contrat plus large ou ajouter des garanties, si celles-ci ne les contredisent pas.
  • Annexes : quatre annexes décrivent les parties, le traitement, les mesures de sécurité et, en cas d’autorisation spécifique, les sous-traitants ultérieurs. La décision demande une description concrète, et non générique, des mesures de sécurité.
  • Transferts : selon la CNIL, ces clauses ne servent pas à encadrer un transfert hors de l’Union. D’autres clauses types existent pour cela.

Elles offrent ainsi une base complète, mais leur valeur pratique dépend du soin apporté aux annexes.

Que prévoir pour la sécurité et les violations de données ?

Le RGPD fixe le principe sans chiffrer le délai pour le sous-traitant : l’article 33, paragraphe 2, lui impose de notifier toute violation au responsable dans les meilleurs délais après en avoir pris connaissance. Le responsable a, de son côté, ses propres obligations de notification à l’autorité de contrôle.

Les clauses types suivent la même logique. Elles listent le contenu minimal de la notification : la nature de la violation, un point de contact, les conséquences probables et les mesures prises ou proposées. Les informations peuvent être communiquées progressivement.

La vérification ne s’arrête pas à la signature. Une liste de sous-traitants change, une annexe de sécurité vieillit, un périmètre s’élargit par avenant. Un renouvellement ou une nouvelle prestation sont des occasions naturelles de relire ces éléments.

Quels risques en cas de manquement ?

L’article 83, paragraphe 4, prévoit des amendes pouvant atteindre 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu, pour les obligations des articles 25 à 39. Le responsable et le sous-traitant sont tous deux visés. Le choix et le montant dépendent des circonstances.

L’article 82 ouvre aussi un droit à réparation pour les personnes concernées. Un sous-traitant répond notamment du dommage s’il a manqué à ses obligations propres ou agi en dehors des instructions licites du responsable.

Dans Docform

Docform agit en qualité de sous-traitant vis-à-vis de ses clients, responsables de traitement. Un DPA (Data Processing Agreement) est disponible sur demande, et la page Trust liste ses sous-traitants. Pour vos propres contrats, la contrathèque centralise les contrats de sous-traitance et leurs avenants, et les rappels signalent les dates de fin et de préavis. Votre équipe peut traduire ses exigences en règles de playbook : l’assistant signale les écarts en citant le passage source, et le juriste décide.

Questions fréquentes

Le contrat de sous-traitance RGPD peut-il être signé électroniquement ?
Oui. L’article 28, paragraphe 9, exige une forme écrite et précise que cela inclut le format électronique. Le choix du niveau de signature relève ensuite des règles générales de preuve et de votre appréciation du risque.
Un éditeur de logiciel est-il toujours sous-traitant ?
Non. La CNIL précise qu’un organisme est sous-traitant s’il traite effectivement des données pour le compte d’un responsable, et non s’il est uniquement éditeur. Il peut aussi être responsable pour ses propres traitements, comme la gestion de la relation client.
Les clauses types de la Commission sont-elles obligatoires ?
Non. Le contrat peut être négocié librement s’il contient tous les éléments de l’article 28. Les clauses types de la décision (UE) 2021/915 constituent une option, à condition de ne pas modifier les clauses elles-mêmes.
Quel délai pour notifier une violation de données au responsable du traitement ?
Le RGPD impose au sous-traitant de notifier dans les meilleurs délais après en avoir pris connaissance. L’article 33, paragraphe 2, ne fixe pas de nombre d’heures pour ce sous-traitant. Les parties peuvent préciser les modalités dans leur contrat.
Le responsable doit-il connaître tous les sous-traitants de la chaîne ?
Le Comité européen de la protection des données indique, dans son avis 22/2024, que le responsable doit disposer à tout moment des informations d’identification de tous les sous-traitants et sous-traitants ultérieurs, soit le nom, l’adresse et une personne de contact.
Le contrat doit-il prévoir la fin de la relation ?
Oui. Le contrat doit prévoir qu’au terme de la prestation, le sous-traitant supprime ou renvoie les données, selon le choix du responsable, et détruit les copies existantes, sauf si le droit de l’Union ou d’un État membre exige leur conservation.

Cet article présente des informations générales à sa date de mise à jour. Il ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace pas l’analyse de votre conseil pour une situation donnée.

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